Après avoir couru le semi-marathon de Bordeaux, je me suis mis en tête de me trouver de nouveaux défis. Notamment, cela faisait longtemps que je ne m’étais pas inscrite à une course de 10 kilomètres officielle et j’avais envie d’essayer de battre mon record (ma meilleure performance ayant été réalisée à l’entraînement !)
J’ai envisagé un moment de participer aux 10 kilomètres de l’Equipe, une grosse course parisienne, puis je me suis rabattue sur la course de Soissons, plus proche de chez moi (mais aussi certainement plus familiale). Sauf que, dans un élan de folie (et poussée par mon amoureux, je l’avoue !), je me suis également inscrite dans la foulée à un trail en Alsace, sur une distance et un dénivelé dont je n’avais pas du tout l’habitude (22 km, 1082 D+). Le trail devant se dérouler une semaine seulement après le 10 kilomètres, restait à résoudre le problème de l’entraînement… Comment se préparer efficacement à chacune des épreuves, qui n’ont pas grand chose en commun ?
Dans un premier temps, j’ai bien essayé de concilier les deux, en alternant séances de vitesse sur la piste, longues sorties et travail en côte. Mais rapidement, j’ai été très limitée par mon emploi du temps chargé et j’ai dû donner la priorité au trail, qui était mon gros défi de l’année.
Je suis donc arrivée à Soissons en ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Certes, j’avais progressé ces derniers mois mais je commençais à accumuler un peu de fatigue et je n’avais pas travaillé ma vitesse depuis longtemps. J’avais surtout une très grosse appréhension concernant la chaleur : la course devait se dérouler en fin d’après-midi, un samedi, le jour le plus chaud de la semaine (24°C annoncés !) Et la chaleur et moi, c’est un véritable problème : je suis incapable de la supporter lorsque je fais un effort physique prolongé et celle-ci est responsable de mes pires performances sportives depuis que je suis adolescente.
De toute façon, à l’arrivée sur place, hors de question de reculer. Nous avons récupéré notre dossard avec Guillaume (qui s’est inscrit uniquement pour me servir de lièvre, quel luxe !) ainsi que notre pack de course. J’ai été très agréablement surprise par le contenu du sac : il n’a rien à envier aux grosses courses. Pas de tee-shirt mais plein de goodies et échantillons. Le sac en lui-même était, pour les filles, un genre de sac cabas assez pratique. J’avoue que je ne prête pas grande attention à tout cela, je trouve que c’est du gâchis, mais on a quand même l’impression que l’on est chouchouté.
Quelques minutes avant le départ, nous nous plaçons dans le peloton derrière la ligne de départ. C’est une petite course, il n’y a donc pas de sas et on a la place de circuler. Mais malgré cela, le temps est très lourd et orageux, et j’ai déjà chaud avec mon short et tee-shirt.
Dès que le signal est donné, je m’élance à bonne allure et je commence à slalomer entre les coureurs pour bien me placer. Alors que je parcours seulement les premiers mètres, je sens déjà que ma gorge est sèche et je me dis que la course va être difficile. Nous avançons à bon rythme avec Guillaume, un peu trop rapide par rapport à mes prévisions. Le premier kilomètre est donc franchi en 4’56 et je commence à ralentir légèrement pour atteindre l’allure que je m’étais fixée (aux alentours de 5’15 par kilomètre). Les deux kilomètres suivants ne posent pas trop de problème, le souffle et les jambes suivent bien, même si j’ai chaud et que je sais que cela ne va pas aller en s’arrangeant.
Je me jette donc sur le premier ravitaillement (entre le 2e et le 3e kilomètre), me renverse deux gobelets d’eau sur la tête et bois tant bien que mal en courant (même si ma technique est catastrophique, je m’étrangle à chaque fois et je dois fortement ralentir pour arriver à m’hydrater correctement).
Après le quatrième kilomètre, les premiers vrais ennuis commencent. J’avance toujours à bonne allure mais je ralentis progressivement mon rythme. J’ai beaucoup trop chaud, j’étouffe, je me sens mal et psychologiquement, je sens que je vais lâcher. Je tiens bon jusqu’au cinquième kilomètre, que je franchis en 26 minutes, et puis inévitablement, le mental décroche. Je souffre trop de la chaleur, j’ai l’impression que je suis dans un étau et que le malaise me guette. Je ne pense qu’à une chose : trouver de l’eau, boire, me refroidir.
Il me reste pourtant une boucle à parcourir. Il est évidemment hors de question que je déclare forfait, mais à ce moment là, je me moque complètement de la performance. Je ne pense qu’à l’arrivée et à ma bouteille d’eau. Mon allure dégringole, je supplie Guillaume de me laisser marcher (réponse : NON !) ou au moins, de me laisser ralentir suffisamment pour que je puisse retrouver un peu d’air. Petit à petit, je me fais doubler de toute part, notamment par une maman coureuse qui a poussé son bébé en poussette pendant tout le parcours. A ce moment, j’ai vraiment honte d’être dans un état pareil mais rien à faire, je n’arrive plus à suivre le moindre coureur.
Je franchis le neuvième kilomètre avec l’estomac noué et douloureux, en me sentant toujours aussi mal. Je rêve d’une grosse averse ! Mais la ligne d’arrivée se rapproche, alors j’essaie de faire un dernier effort : on est bien loin du sprint mais au moins, mon allure s’accélère un peu. Enfin, je passe l’arche d’arrivée et je peux marcher. Juste après, je suis prise de vertige et il me faut 5 à 10 minutes pour enfin réguler ma température corporelle. Je reprends des couleurs grâce au ravitaillement, bien fourni. Je jette un coup d’oeil à ma montre : j’ai terminé en 57 minutes environ (je n’ai que mon temps officiel et pas mon temps réel donc ma montre est certainement plus précise), une performance qui me déçoit beaucoup bien sûr… mais vu les conditions, je n’aurais pas pu faire mieux.
Au final, je crois que cette course est la plus difficile que j’aie jamais courue. Non pas à cause du parcours, qui est au contraire très facile et roulant (quoi que peu intéressant au niveau du paysage), ni à cause de la distance que j’apprécie, mais bien à cause des conditions climatiques. J’ai malheureusement eu la confirmation que je pouvais facilement faire des malaises lorsqu’il fait trop chaud et je crois que je vais faire une croix sur les courses « rapides » qui se courent pendant la belle saison. Je ne comprends d’ailleurs pas vraiment le choix des organisateurs de prévoir une course l’après-midi fin mai…
A côté de cela, tout était très bien organisé, l’ambiance était très bonne et j’ai beaucoup aimé retrouver le côté familial des courses « locales ». Je crois bien qu’elles ont ma préférence par rapport aux très grosses courses rassemblant plusieurs milliers de coureurs, même si j’aime les deux. En tous cas, j’ai tiré plusieurs enseignements de cette expérience malheureuse : si je dois courir un marathon, ce sera avec un camel-back sur le dos pour éviter la déshydratation et si je veux espérer passer sous la barre des 50 minutes au 10 kilomètres (allez, il ne manque plus grand chose !), il vaudra mieux que je n’aille pas crapahuter dans les sentiers forestiers à la place de m’entraîner sur la piste.
Et vous, quelles sont les conséquences de la chaleur et de la météo sur vos performances sportives en général ?
Je ne suis qu’une coureuse occasionnelle mais je suis très impressionnée par ton moral et ta détermination !
Je suis plus adepte de natation ou de renfo musculaire, et en général je supporte assez bien un temps lourd mais humide… Si c’est sec, byebye, j’ai la tête qui tourne, le souffle me manque.. Bref ça se corse !
Ah pour ma part je crois que je supporte mieux un temps sec qu’un temps chaud et humide… Mais de toute façon, dès que la température dépasse 18°C, cela devient compliqué pour moi hihi 😉
Et bien, quelle expérience! Et quel courage d’avoir tout de même tenu et couru jusqu’au bout!! Je suis impressionnée!! Je pense que tu dois en être fière autant que des performances!! Je suis loin d’avoir ce mental d’acier! Dès que j’ai trop chaud, que mon coeur bat la chamade, que j’ai le souffle court, je m’arrête et je marche!!
A priori, je n’ai pas trop de difficultés avec la chaleur, je suis nulle par tous les temps!! Une des premières fois où je suis allée courir, il faisait encore 28 à 20h, mais je n’ai pas noté de différence avec mes courses suivantes.
C’est gentil ! Mais il n’y a pas de quoi être impressionnée, j’ai vraiment souffert pendant cette course, j’ai tenu juste parce que je savais que j’allais pouvoir boire à l’arrivée lol. Sinon quand je cours lentement, ça ne me fait heureusement pas autant cet effet là, mais je me sens quand même vite molle et nulle dès qu’il fait trop chaud… Par exemple à 28°C je crois que j’aurais été aussi rapide en courant qu’en marchant 😛
Et ne dis pas que tu es nulle, pense à tous les gens qui ne courent pas du tout et qui sont certainement impressionnés par ta volonté ! Tout est très relatif, je me sens également toute nulle et lente par rapport à d’autres… alors qu’au final, ça n’a aucune importance. Bisous !
Je comptais la faire cette course l’année dernière si je n’avais pas eu ma douleur au genou. Tu me rends nostalgique, j’aimais tellement courir 🙁
Bisous ma belle
Oh, c’est dommage… On aurait pu se croiser !
Ca doit être tellement frustrant d’avoir des douleurs qui nous empêchent de courir… De mon côté depuis mon trail je traîne une gène au genou gauche et je suis obligée de lever le pied, pour mon grand désarroi. J’ai surtout trop peur de m’être abîmée pour de bon :/ (la fille qui recule ses rendez-vous chez le médecin par peur du verdict, c’est moi !)
Bisous 🙂