Ah, les courses de 10 kilomètres… Probablement les plus difficiles selon bon nombre de coureurs. Elles demandent de la vitesse, de la résistance et énormément de mental. Elles nous mettent dans le rouge dès les premiers kilomètres et il faut ensuite tenir, tenir… Si possible jusqu’à la ligne d’arrivée ! Bref, cette distance n’est pas ma favorite, notamment parce que j’ai déjà essuyé de nombreuses déceptions. Mais après quelques mois d’entraînement en club d’athlétisme, j’ai de nouveau ressenti l’envie d’essayer. Il faut dire également que toute la première partie de 2017 a été ponctuée de courses longues : plusieurs semi-marathons, un marathon, du trail… Et cela m’a fait du bien de couper un peu et de revenir sur des formats plus courts.
Avec le club, nous avons choisi de nous inscrire aux 10 kilomètres de Reims. C’est une course que j’avais déjà faite il y a deux ans. A l’époque, je n’avais pas été très satisfaite de mon chrono (57’08) – mais je n’avais suivi aucune préparation spécifique. Au contraire, cela tombait pile 2 semaines après mon tout premier semi-marathon, donc j’avais les jambes encore lourdes. Bref, c’était une course que j’avais surtout faite pour le plaisir.
Cette année, les choses allaient être différentes : le chrono, je voulais aller le chercher !
Quel objectif ?
Cela faisait très longtemps que je n’avais pas eu de chrono de référence sur 10 kilomètres. Pour tout vous avouer, mon meilleur temps « officiel » datait de… ma toute première course ! J’avais à l’époque bouclé le parcours en 56’35. Depuis, cela a été le trou noir. J’avais certes réussi à descendre un peu à l’entraînement, en passant à 54’25 en 2016 puis à 52’17 tout récemment, mais les courses officielles avaient toutes été de beaux fiascos ! Il me tenait donc vraiment à cœur de confirmer mes progrès en compétition.
Ces dernières semaines d’entraînement ont été très chargées et intenses, mais elles m’ont permis d’entrevoir un peu mon potentiel du moment. Test VMA, fractionnés courts, séances spécifiques… ont permis à mon entraîneur de définir mon objectif pour Reims. Et lorsqu’il m’a annoncé que je devrais être capable de terminer en 46 minutes, j’ai eu un petit coup de chaud. Moi, exploser mon dernier record de plus de 10 minutes ? Cela allait être très compliqué… Mais pourquoi pas ! Défi accepté !
Le jour de la course
La petite photo de groupe avant le départ
Dans la nuit de samedi à dimanche, je mets beaucoup de temps à trouver le sommeil. Cette dernière semaine a été agitée, stressante, et je suis particulièrement fatiguée. Le réveil sonne vers 7 heures et je crois que je n’ai pas dormi plus de 3-4 heures. Il paraît que c’est la nuit de l’avant-veille la plus importante, non ?
Après un petit déjeuner complet mais pas trop lourd, nous prenons la route avec Guillaume. Nous avons déjà nos dossards, récupérés la veille. Nous retrouvons les amis du club, avec lesquels nous faisons un petit échauffement. Il fait plutôt frais avant 10 heures, mais le ciel est bleu et les températures augmentent doucement… Je ne me sens pas spécialement bien. Au moment de faire les gammes, je commence à avoir un peu chaud et mon pull léger est déjà de trop. Les températures annoncées sont assez exceptionnelles pour un mois d’octobre : 26 degrés ! Vous le savez maintenant, la chaleur ne joue pas du tout en ma faveur… Je sais déjà que la course va être difficile.
Je me glisse dans mon SAS (- 47 minutes) sans difficultés. Il n’y a pas trop de monde, ce qui me permet de me placer tout devant. Je trouve qu’il y a une vraie différence par rapport à il y a deux ans. J’étais à l’époque dans le SAS suivant (-54 minutes dans mes souvenirs) et nous étions beaucoup plus serrés. Cela fait plaisir de prendre le départ sans risquer d’être piétinée !
Plongée dans mes pensées, je décide de revoir mon objectif à la hausse : 46 minutes, c’est très ambitieux, et ce ne sera pas possible aujourd’hui vu les conditions. Je choisis de viser plutôt 47 et de me caler sur un rythme de 4’40/km.
Top départ
Le départ est donné pile à l’heure, à 11 heures. Tout est fluide et mon SAS part seulement trois minutes après les coureurs prioritaires. Les athlètes s’élancent comme des fusées et je me fais dépasser de toutes parts dès les premiers 50 mètres. Cela ne me dérange pas, je préfère miser sur la prudence… d’autant que je ne suis pas rassurée du tout !
J’ai déjà la gorge sèche avant même d’atteindre le premier kilomètre. La chaleur va encore me jouer des tours, je le sais, mais je décide de jouer le jeu quand même. L’allure est exactement celle que je me suis fixée, les jambes tournent bien, je ne suis pas spécialement essoufflée. Je suis surtout très concentrée pour ne pas me fatiguer trop vite.
Le parcours est agréable, mais pas très facile. Il comporte beaucoup de relances, de petites bosses, de virages et de pavés. Le deuxième et le troisième kilomètres passent sans encombre, mais la chaleur monte et je commence à être de moins en moins à l’aise. Je rêve déjà du ravitaillement, qui ne sera pourtant pas avant la fin du 5 ème kilomètre.
Je rentre lentement mais sûrement dans le dur… Et avec les difficultés arrive une déferlante de pensées négatives. Je me demande ce que je fais là, je me dis que c’est vraiment idiot de souffrir comme cela, je maudis mon travail qui m’empêche de m’entraîner et de me reposer correctement, je veux abandonner… Et je considère d’ailleurs très sérieusement cette option. Après tout, il fait beau, quelle idée de passer son dimanche matin à faire du sport ?
Et puis comme toujours, le dialogue continue dans ma tête. Je me dis aussi que je ne peux pas faire ça à mon entraîneur qui s’investit énormément. Que je ne peux pas décevoir mes amis et mon amoureux. Et que zut, j’ai du mental ou je suis le genre de fille à baisser les bras facilement ? Alors je négocie. Je me fixe comme objectif de tenir l’allure jusqu’au ravitaillement (ou au moins, jusqu’à mi-parcours). Et ensuite, on verra.
Sauf que je craque. A mi-chemin entre le quatrième et le cinquième kilomètre, je suis obligée de marcher. J’ai trop soif et je cuis. Je fais quelques pas et puis je reprends la course, sur un rythme un peu plus lent. Encore une montée. Que quelqu’un me propose un verre d’eau s’il vous plaît ! Je continue à dérouler, tout en sachant que l’objectif du jour est en train de s’envoler. Je passe le 5 ème kilomètre en 23’29 (allure 4’42/km) : c’est une petite victoire en soi, car c’est mon record sur la distance. Je me dis qu’au moins, c’est ça de pris !
Le ravitaillement arrive enfin ! De nouveau, je marche un peu pour boire correctement. Je me vide le contenu d’une bouteille sur la tête et je repars, un peu triste de laisser l’eau derrière moi. En tous cas, cela m’a fait du bien et je retrouve un peu d’énergie. Je sais qu’il ne me reste plus que quatre kilomètres à parcourir. Maintenant, quel est le plan d’attaque ?
L’état de fraîcheur en fin de course…
Il fait trop chaud pour que je puisse continuer sur la même allure… Mais il est quand même hors de question que je finisse cette course en plus de 50 minutes. Avec mes petits calculs, j’essaie de maintenir l’allure de 5’00/km afin d’avoir une petite marge. Cela reste difficile, et je sers les dents. Je ne suis pas essoufflée, mais les jambes sont lourdes… Je m’accroche comme je le peux.
Arrive le fameux pont du neuvième kilomètre, qui m’avait laissé un mauvais souvenir il y a deux ans. Toujours en train de négocier avec moi-même, je me force à ne pas lâcher et à ne pas ralentir. Contrat rempli ! Mais derrière, il faut relancer… Et je n’ai plus la moindre énergie. Je croise mon coach qui m’encourage et me dit qu’il faut attaquer. Je lui réponds qu’il fait trop chaud ! En soi, j’aimerais bien remettre un peu de vitesse. Je sais que la fin arrive, mais je suis bloquée dans mon allure. Impossible d’appuyer sur le champignon, alors que d’habitude, je m’offre toujours un petit sprint final. Je franchis péniblement la ligne d’arrivée, tellement soulagée que ce soit déjà fini.
Verdict : 49 minutes et 13 secondes ! Très loin de mes estimations… Mais c’est quand même mon nouveau record officiel sur la distance. Je passe enfin sous la barre des 50 minutes et mine de rien, c’est une belle étape.
Epilogue
La course a été vraiment très difficile et je n’ai pas pris beaucoup de plaisir. Je crois tout simplement que c’était un jour sans et que la chaleur a affecté beaucoup de monde. C’est le risque avec des départs aussi tardifs… Je me suis un peu consolée en discutant avec mes amis du club, qui ont eux aussi été très déçus de leur performance (sauf pour les coureurs du semi-marathon, qui sont partis 2h plus tôt).
Comme souvent, je suis déçue 5 minutes… Et puis je relativise. Avec le recul, je suis contente de ne pas avoir lâché et d’avoir fini cette course du mieux que je le pouvais. C’est forcément un bel entraînement pour la suite. D’ailleurs, j’ai déjà prévu ma prochaine course, qui aura lieu fin novembre !
Coucou, bien joué d’avoir battu largement ton record malgré la chaleur ! Et puis tu as encore un peu de marge pour re battre ton record la prochaine fois (au frais, j’espère).
Les pensées négatives qui fusent dès qu’on souffre un peu sur une course, c’est peut être universel : doute, culpabilité, le cerveau tourne en boucle en se demandant comment on aurait pu faire mieux. Sur le moment on est très exigeants avec nous mêmes. Heureusement qu’on relativise après, mais c’est pas toujours pendant la course officielle qu’on préfère la course à pied, en tout cas quand elle ne se passe pas comme prévu 😉
Merci Elise !
On est un peu tous pareil, les coureurs, au final 😉 J’espère en effet battre mon record la prochaine fois. Ou du mois, avoir l’impression de mener une course au mieux de mes capacités. Parce que c’est ça qui est un peu difficile aussi : avoir le sentiment d’avoir lâché, de ne pas avoir donné son maximum… Rendez-vous en novembre 😉 Bisous
Hello ! Eh bien moi je trouve que c’est super d’être passé sous la barre des 50 minutes ! Je comprends que tu sois un peu déçue, mais ce n’est que partie remise ! Je suis sûre que s’il faisait plus frais t’aurais réussi sans soucis 🙂 C’est fou comme le temps conditionne nos performances ! Dimanche j’aurais pu arriver 1-2 minutes avant je pense s’il n’y avait pas eu tout ce vent, franchement ! (car oui, le vent de face ça freine quand même, surtout si c’est durant quasiment toute la course !) Mais je préfère le vent à la chaleur ahaha
En tous cas bravo à toi, tu progresses énormément ! 😀 Bisous !
Oh oui, les conditions météo jouent énormément. Toutes mes courses courues au printemps/été ne sont pas bien passées à cause de la chaleur (entre autres). A choisir, je choisis le vent aussi. Même si je peste parce qu’il me ralentit, au moins je n’explose pas en plein vol comme les jours de canicule. Merci beaucoup pour ton petit mot, bisous
Coucou Astrid!
Bravo pour ta performance, c’est génial d’avoir un record en dessous des 50 minutes. Décidément avec cet été indien de fou, tu n’as vraiment pas de chance avec la chaleur. J’espère que tu n’auras pas de mauvaises surprises fin novembre mais s’il fait plus que 15 degrés à ce moment-là c’est qu’il y aurait vraiment un problème de météo…
Belle journée. Biz
Coucou !
Oui la météo n’est décidément pas très gentille avec moi. C’est le risque avec les sports de plein air ! Je crois qu’il fait trop chaud au mois de novembre, je mange mes baskets hihi. Bonne journée à toi, bisous !